Niche Go, le moteur automatique qui veut simplifier le vélo électrique
Et si le vélo électrique de demain n’avait plus ni dérailleur, ni vitesses à passer, ni chaîne à dégraisser ?
C’est la promesse d’une jeune société espagnole dont le nom circule de plus en plus dans le petit monde du VAE : Niche Mobility. Avec son moteur Niche Go et sa transmission numérique automatique, elle propose une approche radicalement différente de tout ce que l’on connaît chez Bosch, Shimano ou Bafang. Une philosophie résumée par son slogan : ne rien faire, juste pédaler. Depuis les premiers essais presse organisés fin 2025, le système est régulièrement présenté comme la seule véritable alternative au fameux moteur automatique de Decathlon. Alors, simple curiosité technologique ou vraie révolution en marche ? On fait le point.
Niche Mobility, une start-up espagnole née à Gérone
Fondée en 2021 et basée à Gérone, en Catalogne, Niche Mobility est une jeune entreprise emmenée par son fondateur et dirigeant Marc Barceló. Son objectif est clair : développer des systèmes de transmission numérique pour l’industrie du vélo électrique, en supprimant purement et simplement le changement de vitesses mécanique.

Pour financer son développement, la société a levé environ 4,3 millions de dollars au total, dont une levée de 1,6 million d’euros qui lui a permis de présenter ses prototypes au Sea Otter Europe puis à Eurobike 2025, où plus de trente marques ont manifesté leur intérêt. Parmi ses investisseurs figure notamment le groupe basque Mondragon, via sa filiale Copreci, spécialisée dans la fabrication d’appareils électroménagers. Un détail qui a son importance, on y reviendra.
Point essentiel à comprendre : Niche Mobility travaille exclusivement en B2B. La marque vend ses moteurs aux fabricants de vélos, pas aux particuliers. Il n’existe donc aucun kit d’installation aftermarket, et seules les marques certifiées, via des services techniques agréés, pourront monter et entretenir le système.


Comment fonctionne la transmission ADTS du moteur Niche Go ?
Le cœur de la technologie s’appelle ADTS, pour Automatic Digital Transmission System. Et c’est là que le Niche Go se distingue de tous les moteurs pédaliers classiques : il n’existe plus de connexion mécanique directe entre les pédales et la roue arrière. Concrètement, le pédalier fonctionne comme un générateur. L’énergie produite par le cycliste est convertie en électricité, puis ajustée et transmise au moteur qui entraîne la roue, en fonction de la vitesse, de la pente et de l’effort fourni.
Le système gère ainsi un rapport de démultiplication virtuel qui s’ajuste en continu, à la manière d’une boîte automatique. Un algorithme interprète en temps réel des données comme le couple, la cadence ou l’inclinaison de la route, et adapte la résistance au pédalage ainsi que le niveau d’assistance. Le cycliste, lui, n’a plus rien à faire : pas de manette, pas de dérailleur, pas de passage de rapport au mauvais moment avant un feu rouge. Des modes d’assistance restent accessibles à la volée pour ceux qui veulent garder la main, mais l’idée de base est bien de tout déléguer au système.
Autre bénéfice de cette architecture : la transmission peut théoriquement stocker le surplus d’énergie fourni par le cycliste pour le restituer dans les montées raides, sans effort supplémentaire. Sur le papier, c’est une petite révolution dans la manière même de concevoir le pédalage assisté.
Les points forts annoncés du système Niche Go
Le Niche Go se démarque par sa transmission numérique automatique qui supprime dérailleur et passages de vitesses, son freinage régénératif qui recharge la batterie en descente sans aucune intervention du cycliste, sa marche arrière assistée inédite sur VAE et son entretien réduit au minimum grâce à un bloc unique associé à une transmission par courroie.
Le premier argument mis en avant par Niche Mobility, c’est le freinage régénératif. Comme sur une voiture électrique, le moteur applique une légère résistance dans les descentes et les phases de décélération pour recharger la batterie, sans aucune intervention du cycliste. La récupération d’énergie existait déjà sur quelques VAE à moteur roue, mais elle nécessitait généralement une action volontaire, comme un rétropédalage. Ici, tout est géré automatiquement par le logiciel, une première à ce niveau d’intégration sur un moteur de vélo électrique.
Deuxième particularité étonnante : la marche arrière assistée. D’une simple pression sur un bouton ou en pédalant en arrière, le moteur permet de reculer sans effort. Un vrai plus pour manœuvrer un vélo cargo chargé ou un VAE lourd dans un local à vélos.
Transmission numérique

Oubliez les pignons et les mécanismes en mouvement : la démultiplication est ici entièrement gérée par le numérique, avec un rapport ajusté en permanence. Le moteur automatique offre ainsi un pédalage souple et sans effort, d’une facilité incomparable. Votre seul rôle : pédaler, le système se charge de tout le reste à votre place.
Freinage régénératif

Profitez des descentes et des freinages pour regagner de l’autonomie : grâce à la récupération d’énergie intégrée au moteur automatique, la batterie se recharge en roulant, pour des sorties prolongées et un rendement optimisé.
Marche arrière

Besoin de manœuvrer dans un espace étroit ? Un simple appui sur un bouton ou un pédalage en arrière suffit pour faire reculer le vélo sans effort, grâce à la marche arrière assistée intégrée au moteur.
L’application mobile Niche Mobility
Le système s’accompagne également d’une application mobile qui offre une fonction antivol et permet de régler finement les modes d’assistance et la cadence de pédalage. Enfin, l’argument entretien est central dans le discours de la marque : un seul bloc regroupe le moteur, la transmission et le logiciel, sans dérailleur ni galets ni cassette à user. Associé à une transmission par courroie, le Niche Go promet un vélo quasiment sans maintenance côté transmission.

Caractéristiques techniques du moteur pédalier Niche Go
Côté fiche technique, Niche Mobility annonce une assistance de 250 W ou 450 W selon les versions, avec des configurations homologuées à 25 km/h pour le VAE classique européen, 45 km/h pour le speedbike, et même une variante à 60 km/h pour certains marchés ou usages spécifiques. L’autonomie annoncée peut atteindre 80 km, un chiffre à relativiser selon la batterie choisie et le profil du parcours, mais que la récupération d’énergie au freinage vient utilement compléter.
La marque propose en effet une offre batterie complète, de 450 à 850 Wh, en version externe amovible ou intégrée au tube diagonal, avec BMS et chargeur fournis. Pour les fabricants, Niche a développé son propre support de fixation à souder sur le cadre, un pédalier dédié avec des manivelles de 170 mm, ainsi qu’un kit complet de transmission par courroie synchrone dont le rapport est défini avec chaque client. Une approche clé en main qui simplifie considérablement le travail d’intégration des marques.
Moteur central Niche Go face au moteur automatique de Decathlon
Impossible de parler du Niche Go sans évoquer le moteur automatique de Decathlon, que la presse spécialisée a largement surnommé le moteur magique. Les deux systèmes partagent la même philosophie : libérer le cycliste de la gestion des vitesses et proposer une expérience où l’on se contente de pédaler. Les premiers journalistes qui ont pu essayer le Niche Go le présentent d’ailleurs comme le premier rival crédible du système français.
La grande différence se situe dans l’architecture. Là où Decathlon conserve une base plus conventionnelle, Niche Mobility pousse le concept plus loin avec son pédalier générateur totalement découplé de la roue. Cette approche ouvre des possibilités inédites, comme la marche arrière ou la gestion très fine de la récupération d’énergie, mais elle change aussi les sensations de pédalage, puisque la résistance sous le pied est entièrement recréée par le logiciel. C’est précisément sur ce point que le système devra convaincre les cyclistes exigeants.
Quelle place face aux moteurs de vélos électriques Bosch, Shimano et autres ?
Sur le marché des motorisations, Niche Mobility ne cache pas sa cible : les marques de vélos de taille petite et moyenne, pour qui gérer un moteur, une transmission, une batterie et un logiciel issus de fournisseurs différents représente un vrai casse-tête. Avec son offre tout-en-un regroupant moteur, boîte et logiciel chez un seul fournisseur, la start-up propose une simplification séduisante de la chaîne d’approvisionnement. Pour son dirigeant, l’ambition dépasse d’ailleurs le simple remplacement du dérailleur : c’est toute la complexité du vélo électrique moderne que le système entend faire disparaître.
Restent les questions qui fâchent : la fiabilité dans le temps, le prix pour les fabricants, et surtout le service après-vente. Un système propriétaire aussi intégré signifie une dépendance totale au réseau agréé en cas de panne. C’est le talon d’Achille classique des jeunes pousses du secteur, et Niche Mobility devra prouver qu’elle peut suivre.
Quand verra-t-on le moteur Niche Go automatique sur nos vélos à assistance électrique ?
Le calendrier est désormais connu. Après les essais pilotes lancés fin 2025, un roadshow européen passe par l’Allemagne, le Benelux et la France pour faire essayer le système aux marques et à la presse. La production en série démarrera fin 2026, grâce au partenariat industriel avec Copreci, qui apporte à la start-up une capacité de fabrication éprouvée.
Les premiers vélos équipés devraient donc arriver chez les marques partenaires courant 2027. Un nom à suivre de très près : si les promesses du Niche Go se confirment sur la route, la bataille des motorisations automatiques ne fait que commencer.

