Amflow TL Carbon : le premier eSUV signé DJI passe sur le billard du Docteur Ebike

Quand une marque qui s’est fait un nom à coups de VTTAE ultra-performants décide soudain de fabriquer un vélo capable d’emmener vos courses, votre enfant et votre sac de bikepacking, on a forcément envie de regarder sous le capot. C’est exactement ce que propose Amflow avec le TL Carbon, son tout premier vélo eSUV. Alors, simple coup de communication ou vraie nouvelle catégorie ? On ausculte la bête.

Amflow change de terrain de jeu avec son vélo TL Carbon

Jusqu’ici, Amflow, c’était DJI qui débarquait dans le VTT électrique avec des machines taillées pour la perf et un rapport qualité-prix qui a fait grincer pas mal de dents chez les marques installées. Le vélo électrique Amflow TL Carbon, lui, sort complètement de ce cadre.

Le terme employé par la marque, c’est eSUV. Derrière le mot un peu marketing se cache une idée simple : un seul vélo censé encaisser le trajet domicile-travail, la sortie chemin du week-end et le voyage chargé de sacoches. C’est la grande tendance du moment, cette zone floue où le VTT électrique, le vélo de trekking et le cargo léger finissent par se chevaucher.

La vraie question, c’est de savoir si un vélo électrique peut tout faire correctement sans rien faire vraiment bien. On y revient à la fin.

avis vélo électrique Amflow TL Carbon avec moteur Avinox

Moteur pédalier Avinox M2 : le cœur du réacteur

C’est là que ça devient intéressant, et aussi là qu’il faut faire attention à ne pas se mélanger les pinceaux.

Le TL Carbon embarque le nouveau moteur Avinox M2. Comptez 110 Nm de couple en nominal, 1100 W de puissance de pointe, et jusqu’à 125 Nm pendant une soixantaine de secondes quand vous enclenchez le mode Boost. Pour un vélo orienté usage et transport, c’est déjà costaud !

Attention au piège : ce moteur Avinox M2 n’est pas le M2S. Le M2S, lui, équipe les modèles sportifs de la gamme PX et grimpe à 150 Nm et 1500 W. Deux moteurs, deux philosophies. Si vous lisez une fiche qui annonce 150 Nm sur un TL Carbon, c’est une erreur. Le bon chiffre, c’est 125 Nm en pointe.

Un conseil de cycliste : ne vous focalisez pas uniquement sur le couple maximal. Sur un vélo de ce genre, c’est surtout la gestion de l’assistance à bas régime et le silence du moteur qui font la différence au quotidien. Les premiers retours sur la famille Avinox sont rassurants de ce côté-là, mais c’est le terrain qui tranchera.

moteur avinox m2 125 Nm

Autonomie : jusqu’où peut-il vraiment aller ce vélo électrique Amflow ?

Sur le papier, les chiffres font vraiment envie. La batterie de série de 800 Wh annonce jusqu’à 172 km. Une version 600 Wh existe aussi, donnée pour 124 km. Et si ça ne suffit pas, une batterie secondaire de 480 Wh vient se greffer pour atteindre 1280 Wh cumulés, soit une centaine de kilomètres de rab.

Faut-il croire ces chiffres ? Comme toujours, prenez-les comme un plafond théorique. L’autonomie réelle dépend de votre poids, du dénivelé, de la charge transportée, de la pression des pneus et de la température. Sur un vélo à assistance électrique qui peut embarquer jusqu’à 200 kg au total, autant dire que l’écart entre le cycliste léger sur le plat et la famille chargée en montagne sera énorme. Tablez sur une fourchette large tant qu’un vrai test grandeur nature n’a pas été fait.

Petit détail malin pour les gros rouleurs : Amflow propose un hub de charge capable de recharger jusqu’à quatre batteries à la suite. Pratique si vous tournez avec plusieurs packs ou si votre vélo VAE est partagé.

Châssis et suspension : le travail mené avec Fox

C’est sans doute le point le plus rassurant de la fiche technique. Le cadre est en carbone et ne pèse que 2,9 kg, ce qui permet au vélo complet de descendre à 22,6 kg selon la config. Pour un engin censé porter 200 kg, cette légèreté est franchement rare !

La suspension a été développée main dans la main avec Fox. Vous imaginez, ce n’est pas n’importe qui !! Vous avez une fourche FOX AWL de 120 mm pour la roue avant et un amortisseur FOX Float de 105 mm pour la roue arrière. Des débattements modestes, certes, mais cohérents avec un usage polyvalent plutôt qu’avec de l’enduro musclé.

Le détail qui parle aux techniciens : l’anti-squat (anti pompage) a été calé autour de 100 %. En clair, la suspension ne plonge presque pas quand vous pédalez, ce qui limite les pertes d’énergie et stabilise le vélo, surtout chargé. Sur un VTT musculaire, c’est précieux. Sur un vélo électrique avec un moteur de cette puissance, l’intérêt est plus discret, mais ça reste un bon signe sur le sérieux de la conception de ce vélo par Amflow.

vélo à assistance électrique amflow tl carbon
suspensions fox sur vélo électrique Amflow TL Carbon

Un vélo électrique pensé pour transporter

Voilà ce qui sépare vraiment le TL Carbon d’un VTTAE classique. La charge totale admissible monte à 200 kg, vélo et cycliste compris. Le porte-bagages arrière encaisse 27 kg, et un porte-bagages avant en option ajoute 20 kg. Sur un vtt électrique classique, c’est plutôt 100 Kg voire 110 Kg.

Surtout, l’arrière est compatible avec le standard MIK HD. Concrètement, ça veut dire que vous pouvez clipser rapidement un siège enfant, des sacoches de voyage, un panier ou une remorque sans bricolage. C’est ce genre de détail qui fait qu’un vélo polyvalent est réellement utilisable au quotidien, et pas juste sur la plaquette commerciale.

La question à se poser avant d’acheter : de quel usage avez-vous vraiment besoin ? Si vous ne portez jamais rien et que vous cherchez du fun sur les chemins, un VTTAE plus typé sera plus pertinent. Le vélo électrique Amflow TL Carbon prend tout son sens dès que la notion de transport entre dans l’équation.

La signature DJI : SmoothShift, hub de charge et connectivité

On sent l’ADN DJI dans la couche technologique. Première nouveauté, le SmoothShift, un système de changement de vitesse électronique développé avec TRP. Il détecte le signal et passe les rapports sans que vous ayez besoin de pédaler, en réduisant le couple le temps du passage pour préserver la chaîne. Sur le papier, c’est élégant. En pratique, ce sera à surveiller côté fiabilité et entretien, parce qu’un dérailleur électronique de plus à gérer, c’est aussi un point de panne potentiel.

Côté connectivité, l’application Avinox Ride intègre la navigation hors ligne, un suivi de fréquence cardiaque, et la localisation via le réseau Apple Find My. Cerise sur le gâteau pour les créateurs de contenu : la connexion directe avec les caméras DJI Osmo, pilotables depuis l’écran du vélo. Logique, vu d’où vient la marque.

Mon conseil de docteur : ces gadgets sont sympas, mais ne les laissez pas dicter votre choix. Un vélo se juge d’abord sur son moteur, son cadre et son équipement mécanique. Le reste, c’est du bonus.

Pour qui, à quel prix ?

Le reste de l’équipement reste raisonnable et orienté usage plutôt que perf pure : dérailleur TRP E.A.S.I. 10 vitesses, freins Tektro quatre pistons en 180 mm, plateau de 38 dents. Rien d’exotique, mais du matériel cohérent avec la vocation du vélo.

Côté tarif, Amflow annonce un prix de départ à 3499 euros en Europe. La date de commercialisation reste vague, la marque évoquant simplement une disponibilité avant la fin de l’année. À ce prix, et compte tenu de la motorisation et du niveau d’équipement, le positionnement est agressif, fidèle à la réputation de la marque.

À qui s’adresse-t-il ? Au cycliste qui veut un seul vélo pour plusieurs vies : aller bosser en semaine, déposer les enfants, et partir en vadrouille le week-end sans changer de monture. Si vous vous reconnaissez là-dedans, il mérite clairement votre attention.

 Le diagnostic du Docteur Ebike

Sur la table d’examen, le TL Carbon affiche un bilan séduisant. Une motorisation Avinox M2 généreuse, un poids contenu pour la catégorie, un châssis carbone sérieux signé Fox, une vraie modularité de transport et un prix qui titille la concurrence. Le tout saupoudré de la touche techno DJI.

Les réserves ? Elles sont classiques pour une nouveauté. L’autonomie annoncée demande à être vérifiée en conditions réelles, le SmoothShift devra prouver sa fiabilité dans le temps, et la disponibilité reste floue. Comme toujours, méfiez-vous des fiches techniques tant qu’un essai sérieux n’a pas confirmé le ressenti.

En attendant de l’avoir entre les mains, le verdict provisoire est clair : Amflow ne lance pas un énième vélo électrique, mais bien une plateforme qui colle parfaitement à l’évolution du marché. Reste à voir si le terrain confirmera ce que la fiche technique promet. On vous tiendra au courant dès qu’on aura pu l’ausculter pour de vrai.